Quelques enseignements tirés de la lecture du dernier rapport de la cour des comptes

30 juillet 2025 | 0 commentaires

Afin de faire une note plus détaillée, je voudrais réagir à chaud sur le rapport de la Cour des Comptes et les leçons qu’il m’inspire :

1) ledit rapport est très bien structuré car adossé à une méthodologie pertinente à maints égards ;

– la période de revue est assez longue car elle enjambe plusieurs exercices budgétaires et permet subséquemment, de tester le respect des principes comptables et budgétaires tels le rattachement des recettes et des dépenses aux exercices concernés, le principe de l’unicité des comptes, le strict respect des règles d’engagement, de liquidation, de comptabilisation et de reporting et le principe de la sincérité des comptes;

– il met à nu des pratiques aussi surprenantes qu’inédites et qui ne respectent pas le principe de la sincérité et de la fiabilité des comptes tout comme la comparabilité des exercices comptables ;

– il donne l’occasion, au pouvoir public, de donner la bonne information ( « fair and true  » ) aux Citoyens et aux PTF et ce faisant de restaurer la CONFIANCE au niveau de tous ceux qui s’intéressent au devenir de notre pays;

– il suggère des mesures de redressement aussi bien salutaires que structurantes car permettant de faire une césure nette entre deux périodes et mode de gouvernance publique.

2) À présent, l’exercice d’information étant enclenché et suscitant des réactions aussi variée qu’émotionnels, il urge de mettre en place une stratégie cohérente, systémique, concertée et susceptible d’être révisée d’année en année. Pour ma part, je me permets de suggérer  de :

– passer en revue les différents programmes de redressement, de stabilisation,  de relance, d’ajustement structurel et celui appelé « plan Sakho Loum »;

– identifier les forces, faiblesses et résultats desdits programmes ainsi que les leçons apprises en l’occurrence.

3) Sur la base de la revue des programmes précités, des recommandations issues du rapport de la Cour des Comptes  et des concertations préliminaires organisées, rapidement, avec les différentes parties prenantes notamment les Partenaires Sociaux, il faudrait établir un véritable Plan de redressement économique et financier (PREF) comportant un volet  d’urgence à court terme et  un volet  à moyen et long terme.

En tout état de cause, il s’agira, de manière concomitante d’organiser un accroissement significatif et contenu des recettes buf et d’asseoir une meilleure gestion de la dépense publique car assise sur :

-un contrôle des effectifs et de la masse salariale tant du secteur public qu’entreprises publiques;

-une rationalisation des agences nationales, à partir de regroupements autour de missions communes ou voisines;

-une rationalisation des Ambassades et des Consulats autour des objectifs de regroupement et de suppression

-une revue des conventions spéciales dans l’optique d’opérer une diminution drastique des exonérations fiscales;

-une baisse significative des subventions directes tout en portant une attention particulière aux filets sociaux;

-En tant que de besoin, je pourrais revenir, plus en détail, sur ces points. Cependant, je me permets de suggérer que l’expression « Ajustement » soit retirée des propos des pouvoirs publics car elle charrie au niveau des masses populaires et laborieuses , une forte charge émotionnelle et des risques, tant de rejet que de replie puisque comme le dit l’adage: « on ne parle pas de cordes dans la maison d’un pendu ». En outre, les dégâts économiques, sociaux et familiaux, engendrés par les programmes mises en œuvre durant l’ère socialiste, restent vivace dans la mémoire collective (les syndicalistes aiment dire à l’envi « partout où le Plan d’Ajustement Structurelle passe, le travailleur trépasse »).

C’est pourquoi je préfère l’utilisation du PREF au vocable ajustement. Enfin, je dois rappeler que dans le sillage du plan Sakho Loum et de la dévaluation du FCFA, on avait mis en place

-Un Comité gouvernemental de suivi de la dévaluation du FCFA présidé par le Premier Ministre d’alors

-Un comité Tripartite de Gestion de la dévaluation du FCFA présidé par le Ministre de l’Economie d’alors.

Aujourd’hui, tout doit être mis en œuvre pour maintenir la flamme allumée en Mars 2024. Ainsi, il faudra une politique de communication prudente et bien structurée pour éviter que les populations ne soient prises de frayeur et a contrario, mobiliser les énergies de tous bords pour relever les défis du moment et ceux à venir.

Pape Ibrahima Beye, Dakar, le 19 Février 2025

Paibrahimabeye@gmail.com

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