Théorie éducative contre La passion du pouvoir qui égare

13 juillet 2026 | 0 commentaires

Particulièrement dans de nombreux pays africains, où l’honneur de gouverner permet tous les « accaparements » et autres abus, le « pouvoir » est le « maître absolu des idoles ou des passions » ayant détrôné Dieu dans le cœur d’un nombre trop élevé de croyants, car c’est lui qui facilite l’acquisition de l’argent et de tous les autres avoirs qui, à leur tour, permettent, grâce au financement des soutiens électoraux, des transhumances et des actions maléfiques, la perpétuation abusive de pouvoirs qui ne sont pas totalement au service des Peuples.

C’est pourquoi les luttes pour le pouvoir, non pour être dans une position où on pourra mieux servir patriotiquement son pays, mais principalement pour mieux s’en servir se font en totale opposition avec les exigences du patriotisme ainsi que des principes et des règles de la démocratie.

En effet, les achats de consciences ou de votes avec de l’argent mal ou abusivement acquis ou des fonds détournés de leurs objectifs ; les promesses électoraux mensongères et trompeuses ; l’élimination d’adversaires politiques par des magouilles, des combines, des pièges, des actes maléfiques ou l’exploitation de leurs dérives sexuelles ou patrimoniales ; les tripatouillages des lois et des falsifications de résultats impliquant des fonctionnaires qui ont pourtant le devoir d’être justes et impartiaux ; la protection des criminels à col banc financièrement engagés dans le fonctionnement de leur parti politique ; la répression abusive de manifestations contre les abus des détenteurs du pouvoir ; les emprisonnements abusifs d’opposants ou d’activistes moins coupables que des alliés des gouvernants laissés libres, sont quelques-unes des « pratiques injustes » de dirigeants devenus méchants et injustes parce qu’« égarés » du « droit chemin » ou pervertis par cette passion du pouvoir qui, dans les systèmes de mal gouvernance, particulièrement en Afrique, facilite les acquisitions illicites ou abusives et les jouissances débridées.

Les croyants peuvent atteindre un niveau d’égarement tel qu’ils « appellent le mal bien, et le bien mal » (Bible. Esaie 5 : 20). A ce stade des gouvernants ou autorités de commandement ou de direction perdent le sens de leurs responsabilités en tant que serviteurs d’un peuple qui veut qu’ils fondent l’exercice de leur autorité sur l’amour, la vérité, la justice et l’équité. Autrement dit, ils oublient finalement qu’au-delà du patriotisme (amour de la Patrie) qui s’exprime principalement par la sacralité des ressources appartenant au peuple, l’acceptation inconditionnelle de la primauté de l’intérêt général sur tous les intérêts particuliers, le désintéressement et l’altruisme antinomique avec l’égoïsme qui nourrit la peur de perdre une place ou des privilèges, l’exercice de l’autorité doit reposer sur des règles et des principes immuables qui ont notamment pour noms : amour de ceux qui sont sous son autorité, et particulièrement les plus faibles, vérité, justice, équité, exemplarité, loyauté (et non-loyalisme1), sincérité, fidélité, honnêteté, dignité, respect, humilité, courage dans la défense des principes, fermeté, humanité, bienveillance et miséricorde, ouverture d’esprit, capacité de jugement et de prise de décision même impopulaire, souci de la participation, de l’inclusion et de la coopération.

Contre cette « passion du pouvoir »qui égare loin du « droit chemin », il est bon de rappeler que le pouvoir est un don de Dieu à ceux qui sont Ses principaux vicaires pour la gestion d’une partie des affaires terrestres. Dieu est l’Unique Décideur, Dispensateur ou Pourvoyeur de tout, dont ce pouvoir qui s’accompagne d’obligations pour ceux qui ont leurs semblables sous leur autorité.

Le croyant doté d’une foi véridique, qui n’est donc pas un membre du parti du diable banni, aura toujours présent à l’esprit, le fait que Dieu Omniscient, est un « Parfait Contrôleur », à qui rien ne peut échapper sur la manière dont celui qu’Il a titularisé à une fonction remplit ses charges, afin de s’évertuer à respecter toutes les prescriptions coraniques et bibliques ayant un lien avec l’exercice du leadership, et non antinomiques avec les lois et règlements de la République.

De nombreux versets coraniques et bibliques ainsi que des hadiths et des vers du « Livre de la sagesse » chrétienne, dont quelques-uns seront transcrits plus loin, mettent en exergue quelques un des principes d’exercice de l’autorité que nous venons d’évoquer. Par ailleurs, quelques un de ces hadiths mettent en exergue les obligations ou la lourde responsabilité des détenteurs d’une autorité.

Cette responsabilité est telle que tout croyant qui ne peut se limiter honnêtement qu’à son « rôle de serviteur » de son Peuple, de sa Communauté ou de son Organisme employeur, devrait éviter de convoiter un pouvoir, car le déroulement d’un agenda personnel ou la poursuite d’une ambition personnelle, qui porte préjudice aux bénéficiaires (« clients ») de l’exercice de l’autorité et à la personne morale employeuse, ou qui est inductrice d’injustices, d’iniquités et de malhonnêtetés, conduit inéluctablement le croyant « égaré » par la passion du pouvoir à la perte le jour de la Reddition des Comptes.

Les croyants doivent donc avoir constamment à l’esprit ce « phénomène de l’égarement » qui est la pire des choses particulièrement pour le musulman qui, s’adressant à Dieu, dans chaque séquence (« raaka ») de ses prières canoniques et surérogatoires, au travers de la récitation obligatoire de la sourate Al Fatiha, Lui dit : « Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés ».

En effet, c’est parce que Dieu veut que les musulmans soient des Hommes vertueux, ancrés de manière définitive dans Son Parti2 et non dans celui du Diable banni qui cherche à corrompre le maximum des fils de l’Homme qui l’accompagneront en Enfer, qu’il a fait de la récitation de la Sourate de l’Ouverture une obligation. C’est pour cela que sur la base de l’analyse de cette sourate et d’autres versets coraniques, nous avons eu à affirmer, sans aucune réserve, dans notre livre 3 sur « la crise morale au Sénégal » bâti autour d’une « lettre ouverte aux guides religieux » que « seul un musulman hypocrite ou vraiment ignorant peut commettre délibérément une œuvre qui cause un préjudice à autrui (personnes physique ou morale, environnement et utilités communes) ».

Pour ne pas être du nombre des « égarés », le leader-croyant, conscient du fait qu’il a été créé imparfait et pour « une vie de lutte », doit se battre constamment contre lui-même pour ne jamais perdre de vue cette mise en garde de Dieu contre l’illustre Prophète David, père de Salomon, le plus grand roi de tous les temps. Allah lui a en effet dit au verset 26 de la Sourate 38 du Coran : « Ô David, Nous avons fait de toi un calife sur la terre. Juge donc en toute équité parmi les gens et ne suis pas la passion, sinon elle t’égarera du sentier d’Allah”. Car ceux qui s’égarent du sentier d’Allah auront un dur châtiment pour avoir oublié le Jour des Comptes ». Quelqu’un qui croit sincèrement en Dieu ne doit pas sous-estimer le « dur châtiment » évoqué dans ce verset.

Le croyant doit aussi entendre et respecter scrupuleusement l’injonction ci-après faite par Dieu au travers du verset 135 de la sourate 4 : « Ô les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l’ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu’il s’agisse d’un riche ou d’un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez qu’] Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites ».

La pureté des dogmes islamique et chrétien fait que tout détenteur d’une autorité doté d’une foi véridique, c’est-à-dire qui s’évertue à respecter de manière non sélective, toutes les prescriptions coraniques ou bibliques est un citoyen véridique et plein d’honneur, qui sera apte à respecter scrupuleusement les principes d’exercice du leadership, par amour pour ceux qui sont sous son autorité, par loyauté envers l’État et pour être digne de la faveur que Dieu lui a accordée en mettant sous son autorité ses semblables. Il aura alors « la passion de servir loyalement » et non la passion du pouvoir qui égare loin du « droit chemin »

Ci-dessous des versets coraniques, des hadiths et des vers du livre de la sagesse chrétienne qui soutiennent cette théorie contre la passion jouissive et égoïste du pouvoir qui égare loin du « droit chemin » :

– « Dis : “ô Allah, Maître de l’autorité absolue. Tu donnes l’autorité à qui Tu veux, et Tu arraches l’autorité à qui Tu veux ; et Tu donnes la puissance à qui Tu veux, et Tu humilies qui Tu veux. Le bien est en Ta main et Tu es Omnipotent. » (S 3 V 26)

« C’est Lui qui a fait de vous les successeurs sur terre et qui vous a élevés, en rangs, les uns au-dessus des autres, afin de vous éprouver en ce qu’Il vous a donné. (Vraiment) ton Seigneur est prompt en punition, Il est aussi Pardonneur et Miséricordieux. » (S 6 V 165)

–  « “Ô David, Nous avons fait de toi un calife sur la terre. Juge donc en toute équité parmi les gens et ne suis pas la passion : sinon elle t’égarera du sentier d’Allah”. Car ceux qui s’égarent du sentier d’Allah auront un dur châtiment pour avoir oublié le Jour des Comptes. » (S 38, V 26)

– « Est-ce eux qui distribuent la miséricorde de ton Seigneur ? C’est Nous qui avons réparti entre eux leur subsistance dans la vie présente et qui les avons élevés en grades les uns sur les autres, afin que les uns prennent les autres à leur service. La miséricorde de ton Seigneur vaut mieux, cependant, que ce qu’ils amassent. » (S 43 V 32)

–  « Ceux qui s’opposent à Allah et à Son messager seront parmi les plus humiliés. » (S 58 V 20)

– Le Messager de Dieu (PSDL) dit : « Vous êtes tous des bergers et vous êtes responsables de vos ouailles et des choses dont vous avez la charge. L’Imam est le gardien de ses sujets et il est responsable à leur égard ; un homme est le gardien des membres de sa famille dont il est responsable ; une femme est la gardienne responsable de la maison de son époux ; un domestique est le gardien responsable des biens de son maitre ». Il a dit aussi : « Un homme est le gardien des possessions de son père et en est responsable. Chacun de vous a la grade et est responsable de son troupeau. » (Hadith 501 / S.B. 893)3

–  D’après Abou Hourayra (Da), le Prophète (PSDL) dit : « Ô gens ! vous serez enthousiastes d’avoir en mains le commandement qui sera pour vous une source de remords au Jour de la Résurrection. (…) » (Hadith 2200 / S.B. 7148)

– Ma’qil Ibn Yasâr (Da) dit : « J’ai entendu le Prophète (PSDL) dire : « Tout homme à qui Dieu a confié le soin de diriger un peuple donné et qui n’en prend pas soin d’une manière droite, n’aura la chance même pas de sentir le parfum du Paradis ». (Hadith 2201 / S.B. 7150)

– D’après Ma’qil Ibn Yasïr (Da), le Messager de Dieu (PSDL) dit : « Si un commandeur ayant la fonction de gouverner des sujets musulmans meurt après les avoir trompés, Dieu lui interdira l’entrée du Paradis ». (Hadith 2202 / S.B. 7151)

–  « Tu formas l’homme par ta Sagesse pour qu’il soit maître de tes créatures, qu’il gouverne le monde avec justice et sainteté, qu’il rende, avec droiture, ses jugements. » (Sagesse 9 : 2-3)

–  « En effet, vous êtes les ministres de sa royauté ; si donc vous n’avez pas rendu la justice avec droiture, ni observé la Loi, ni vécu selon les intentions de Dieu, il fondra sur vous, terrifiant et rapide, car un jugement implacable s’exerce sur les grands ; au petit, par pitié, on pardonne, mais les puissants seront jugés avec puissance. Le Maître de l’univers ne reculera devant personne, la grandeur ne lui en impose pas ; car les petits comme les grands, c’est lui qui les a faits : il prend soin de tous pareillement. Les puissants seront soumis à une enquête rigoureuse. C’est donc pour vous, souverains, que je parle, afin que vous appreniez la sagesse et que vous évitiez la chute. » (Sagesse 6 : 4-9)

NOTES :

1 : loyalisme : « Le loyalismequi est détestable est une fidélité aveugle au régime en place ou à l’autorité légitime. C’est le lot de tous ceux qui (civils, militaires ou policiers), ne se souciant pas du légal, du juste et du vrai, sont prêts à soutenir l’autorité dans ses injustices, ses iniquités, ses méchancetés, ses malversations et ses entorses à la primauté de l’intérêt général en totale porte-à-faux avec les lois, les règlements et les principes moraux commandés par le bien ». Voir notre article intitulé « Loyauté et loyalisme», publié le 20 novembre 2023.

2 : Le Partide Dieu. En fait, Selon le Coran, il y a une dualité dans la vie terrestre avec deux partis : Celui de Dieu ((Hizb Allah) e celui du diable banni ennemi déclaré de l’Homme (Hizb al-Shaytan). Voir notre article intitulé «De quel parti sommes-nous membres», publié le 29 octobre 2024.

3 :  Hadiths extraits de l’ouvrage « ABREGE DE SAHIH AL-BUKHARI At-Tajrîd as-Sarîh » Éditions Al-Biruni

Le 13 juillet 2026

Colonel de Gendarmerie (er) Tabasky DIOUF
Grand officier de l’Ordre national du Lion et Commandeur de l’Ordre du Mérite
Membre fondateur de l’Initiative Citoyenne « Jog Ngir Senegaal ».

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