Après la théorie éducative sur la droiture et l’honnêteté publiée le 24 août 2026, nous avons pensé qu’il est opportun de la faire suivre de notre conception des caractéristiques, des principales ambitions et de quelques aspects de la manière d’être et de faire des « bons citoyens », des « bons gouvernants » et des « vrais chefs religieux musulmans »1 qui doivent être des exemples de droiture et d’honnêteté, surtout dans un contexte où les religions semblent être moralement affaiblies par un nombre trop élevés de chefs religieux égarés par les passions de richesses matérielles, de plaisirs et de pouvoir que procurent un nombre important de suiveurs. Parmi ces leaders spirituels égarés, au sens du verset 26 de la Sourate 38 où Dieu met en garde le Prophète David contre la passion qui égare, il y a les « faux chefs religieux » que le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba a évoqués dans son « Traité de soufisme Massàlik al Jinàn – Les Itinéraires du Paradis – » (vers 1432 à 1459), et qui maintiennent volontairement leurs fidèles dans l’ignorance de ce que Dieu attend réellement des croyants par rapport à l’adoration qui lui est exclusivement due.
Cet article est une émanation d’un contenu de notre « Livre 1 sur la crise morale au Sénégal » intitulé « Crise morale au Sénégal : expressions, causes, conséquences et esquisses de solutions »2 en ce qui concerne les citoyens et les gouvernants et d’une partie de notre « Livre 3 » bâti autour d’une « Lettre ouverte aux guides religieux »3 pour ce qui est des chefs religieux musulmans.
Avant de partager les exposés sur les « bons citoyens » (II.), sur les « bons gouvernants (III.) et sur « les vrais chefs religieux musulmans » (IV.), nous allons préciser ce qui nous a permis en tant que néophyte de nous exprimer avec respect, mais sincèrement sur les Chefs religieux (I.).
I. Le fondement de notre théorie sur les vrais chefs religieux musulmans.
Pour parler des Chefs religieux musulmans nous avons été guidé par notre intime conviction que les fondateurs des confréries et des familles religieuses du Pays ainsi que tous les marabouts véridiques, les véritables maîtres ou guides spirituels » sont du nombre de ces « Khalifes réguliers, dirigés par Dieu » dont l’évocation par le Prophète Muhammad (PSL) est rapporté par le hadith suivant :
Nadjih’el Irbadh ben Sâriya (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : l’Envoyé de Dieu (à lui bénédiction et salut), nous fit un jour un prêche qui fit frémir les cœurs et couler les larmes des yeux. Nous lui dîmes alors : « Ô Envoyé de Dieu, on dirait un sermon d’adieu. Faites-nous une dernière recommandation ». Il répondit : « Je vous recommande d’adorer Allâh (que sa gloire et Sa puissance soient exaltées), d’écouter votre chef, et de lui obéir, votre Emir fut-il un esclave. Certes, qui de vous vivra, verra de graves discordes. Il vous incombe donc de suivre ma manière d’être et celle des Khalifes réguliers, dirigés par Dieu. Tenez-vous à cela de toutes vos forces, et gardez-vous des nouveautés religieuses, car toute innovation est égarement ». (Hadith 28N)
Ensuite, pour nous faire une bonne idée « des qualités, obligations et devoirs du guide religieux sénégalais » qui doit, comme tous les autres leaders, être exemplaire dans sa conduite et dans son adoration exclusive de Dieu, et avoir parmi ses principaux objectifs, le développement spirituel de ses fidèles, nous avons exploité des versets coraniques et d’autres hadiths ; des passages du livre du Docteur Mouhamadou Mansour Dia (« La pensée sociologique d’El Hadji Malick Sy Kifaayatu ar-Raa’hibiin ») où il est question des qualités requises du marabout ; une partie du contenu de l’« Épitre sur les droits en Islam » de l’Imam Ali Ebn Al Hossein Zain Al Abidine où le « droit de ton enseignant » et « le droit de tes élèves » sont mis en exergue, et des informations tirées du « Recueil de poèmes en sciences religieuses » et du « Traité de soufisme » du vénéré Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké.
Notre souhait est qu’un jour, dans le sillage de cette théorie, hautement perfectible, sur les vrais chefs religieux musulmans, les principaux leaders religieux, attachés au respect de la doctrine islamique dans toute sa pureté, envisagent d’élaborer un « Code de conduite du Guide religieux musulman » (CCGRM) qui contribuerait au retour vers Dieu et qui constituerait un instrument à la disposition des croyants pour les aider à bien choisir leur guide spirituel.
Ce code permettrait aussi d’identifier plus facilement les « simulateurs », les « fourbes », « les coquins », les « sans scrupules qui cherchent à subjuguer les esprits », les ignorants qui « ne savent pas distinguer les obligations divines et les traditions prophétiques » ; ceux qui « se croient au-dessus des serviteurs d’Allah » ; les « vilains rusés » qui ne s’intéressent qu’aux biens matériels et tissent conséquemment « diverses relations » intéressées ; les « assoiffés de fortune et de prestige », et les « vicieux enturbannés » évoqués par le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba.
Cette entreprise de codification nous semble aussi indispensable face à la tendance vers l’augmentation exponentielle du nombre des marabouts et des évènements religieux qui sont des moments de captation de ressources publiques au détriment des plus nécessiteux, et la création de sectes religieuses qui vivent de la religion et abrutissent d’innocents citoyens. Il y a aussi le fait que de nombreux croyants très vertueux prennent de plus en plus leur distance à l’égard des Communautés religieuses, pour ne pas dire des religions, à cause notamment de l’avènement de ce que d’aucuns appellent les « bourgeoisies musulmanes » et de pratiques qui ressemblent à de « l’esclavage moderne » avec des fidèles qui se sacrifient au profit de marabouts qui continuent d’accumuler des richesses pour eux-mêmes et pour leurs descendants, sans aucun souci des mauvaises conditions de vie des citoyens-croyants qui les suivent, et en totale déphasage avec : leur devoir d’exemplarité, l’exemple que leur a laissé le Prophète Muhammad (PSL)4 et les obligations de solidarité (exigence de l’amour des prochains), de défense des plus faibles, de vérité, de justice et d’équité. Ces vertueux citoyens sont aussi rebutés par l’existence de leaders religieux qui ont oublié que « Dieu n’aime pas ceux qui Lui disputent la Puissance qui est Son voile et la magnificence qui est Son manteau ».
II. Les bons citoyens :
1.Cultivent en eux des valeurs, des vertus et des qualités, telles que l’amour d’autrui, la vérité, lajustice, l’équité, la passion de servir, le désintéressement, le dévouement, l’altruisme, l’intégrité, la probité morale, la tempérance dans la recherche du pouvoir et des richesses, l’honnêteté, l’honneur, la dignité, la loyauté, le courage, la patience, l’endurance, la fraternité, la solidarité, la discrétion, la bienveillance, la bienfaisance, la miséricorde, la sincérité, la modestie et l’humilité, et en font le vecteur directeur de leurs intentions, de leurs actions et de leurs paroles.
2. Ont la haine du mensonge, de l’hypocrisie, des exclusions, du laxisme, des gaspillages, de la gabegie, de l’indiscipline, du désordre, du vol sous toutes ses formes ; de la passion des plaisirs, des places et du pouvoir ; de l’impunité, singulièrement en ce qui concerne les détournements et les actes de corruption, concussion, d’enrichissement indu et blanchiment d’argent ; ainsi que de tous les autres vices ou défauts contraires aux valeurs, vertus et qualités en (1.) ci-dessus ;
3. Sont des patriotes (amour du pays) qui acceptent de manière inconditionnelle la primauté de l’intérêt général sur tous les intérêts particuliers y compris les leurs, respectent et font respecter (en position de leader) les principes et règles de l’État de droit, de la démocratie, des droits de l’homme, de la sacralité des ressources appartenant au Peuple et de la transparence dans la gestion des affaires publiques ;
4. Apportent le plus grand soin à la conservation, à l’entretien et au développement de ce qu’ils ont en partage avec les autres, notamment l’environnement et les utilités communes, et se battent constamment contre eux-mêmes pour ne pas causer un dommage à une personne physique ou morale ;
5. Donnent le meilleur d’eux-mêmes pour faire face à tous leurs devoirs et bien tenir leur rang quel qu’il soit, pour optimiser leur rendement au service de leur Communauté d’appartenance, de leur Organisme employeur et de l’État, laissant à Dieu le soin d’accomplir le plan qu’Il a pour eux, avec évidemment une endurance et une constante espérance du meilleur ;
6. Acceptent avec contentement » leur sort (ce qu’ils ont, ce qu’ils sont, ce qu’ils savent et ce qu’ils peuvent) ainsi que tous les décrets divins, bons ou mauvais (en apparence) les concernant ou intéressant autrui ;
7. Sont actifs, avec des esprits positifs toujours tournés vers le futur et des cœurs dépouillés de tous les vices handicapants et retardateurs tels que l’envie, la méchanceté, la jalousie, la haine de l’autre, le découragement, l’intempérance dans les richesses et les plaisirs qui corrompent les rapports sociaux ;
8. Respectent, de manière non sélective, les prescriptions coraniques et bibliques d’ordre éthique non antinomiques avec les lois et règlements de la République laïque et les valeurs traditionnelles léguées par les aïeux.
III. Les bons gouvernants croyants :
1. Sont des « bons citoyens », d’une haute valeur morale dotés des principales vertus et qualités requises pour le bon exercice d’une autorité et sont capables de sacrifices personnels pour le développement de leur pays ;
2. Rejettent toute lutte égocentrique pour la réalisation d’une ambition personnelle et les exclusions qu’induit le favoritisme au profit d’amis, de parents ou d’alliés politiques ;
3. Sont capables d’optimiser la vitesse d’évolution du pays vers son indépendance économique, condition sine qua non de son développement, notamment par l’identification des Sénégalais les plus valeureux (moralement, professionnellement et techniquement), quelle que soit leur éventuelle coloration politique, afin de les responsabiliser ou de les impliquer particulièrement dans les domaines stratégiques. Sont, autrement dit, capables de faire confiance aux personnes extérieures à leur famille biologique ou politique, aux personnes neutres et impartiales et de travailler avec eux si l’intérêt du pays l’exigent ;
4. Exemplaires dans leur conduite en privé et au service de l’État, ils dispensent par leurs manières d’être et de faire une bonne « éducation sociale, morale et civique pratique » et sont aptes à mobiliser le peuple vers des objectifs précis, inclusivement définis et largement partagés ;
5. Excluent la haine des autres (personne physique ou morale dont les États), mais sont irréversiblement déterminés à défendre les intérêts du pays, en tout et contre tous, à ne s’engager, et à n’engager le pays que dans des rapports gagnant-gagnant dont la finalité sera toujours la sauvegarde de ses intérêts dont la primauté sur tous les intérêts particuliers est acceptée de manière inconditionnelle ;
6. Implémentent rigoureusement tous les principes et règles de l’État de droit, de la démocratie, des droits de l’homme, de la sacralité des ressources appartenant au Peuple et de la transparence dans la gestion des affaires publiques ;
7. Veillent à la modernisation et à l’efficacité de l’Administration avec notamment le développement de la planification, de la gestion axée sur les résultats, des évaluations de performances individuelles et collectives et du développement du souci des « clients » que sont les populations, les fonctionnaires et les entrepreneurs en vue notamment de pouvoir répondre de la manière la plus efficiente, la plus transparente et la plus rapide possible à leurs besoins et préoccupations ;
8. Veillent à la préservation du caractère républicain des Forces de défense et de sécurité que nul (y compris, le Président de la République, premier serviteur du Peuple) ne doit essayer de détourner pour ses intérêts personnels, notamment politiques, au travers de missions occultes et d’ordres qui : sont en marge des lois et règlements ; sont contraires à l’intérêt général, ou ne répondent manifestement pas aux exigences de la justice, de la vérité, de la paix et de la sécurité ;
9. Sont intègres et luttent contre l’impunité, en donnant la plus grande autonomie aux Corps de contrôle, en se séparant immédiatement de tous les alliés et parents présumés auteurs de malversations pour laisser la Justice faire son travail en toute indépendance, et en s’interdisant de protéger quelqu’un pour ne pas porter atteinte au principe constitutionnel d’égalité devant la loi de tous les citoyens et aux principes de redevabilité et de reddition des comptes ;
10. Combattent tout ce qui porte atteinte à l’autorité et à la crédibilité de l’État, ainsi, qu’à la sécurité des populations et font preuve d’une grande capacité dans la prise de mesures préventives même impopulaires ;
11. Prennent des mesures en rapport avec toutes les forces vives du pays pour pouvoir, principalement à travers une « éducation sociale, morale et civique » et d’opérations de conscientisation adaptées, fortifier « la fibre patriotique » et « la passion de servir la Nation » et minimiser les comportements déviants qui : portent atteinte au développement individuel, à la paix, à la cohésion, à l’ordre et à la salubrité et constituent des obstacles, à la quête d’une indépendance économique et à l’optimisation de la satisfaction des besoins sécuritaires et socio-économiques primaires des populations ;
12. Sont en mesure de mettre fin aux déséquilibres des investissements dans les différents terroirs, les disparités dans les offres de services de base (santé, éducation, eau, électricité, sécurité) pour obtenir finalement un développement plus homogène et pouvoir mettre fin à l’exode vers les grands pôles urbains et l’immigration clandestine ;
13.Essaient de minimiser l’écart entre leur « manière d’être et de faire » et l’éthique idéale du croyant qui trouve son essence dans le Code de conduite véhiculé par le Coran ou dans un bien possible « Code de conduite du croyant Sénégalais » (3CS) dont le développement est recommandé. Trouvant sa pertinence dans l’harmonie qu’il y a entre les prescriptions coraniques et celles bibliques d’ordre éthique, ce 3CS serait basé sur les lesdites prescriptions non antinomiques avec les lois et règlements de la République, combinées aux valeurs traditionnelles portées par les adeptes de la religion « négro-africaine ».
IV. Les « vrais chefs religieux musulmans » :
1. Savent qu’ils ne sont pas parfaits, comme le grand Prophète David ne l’a pas été, et qu’ils doivent rejeter la déification de toute personne (saint homme vivant ou décédé) ou de toute chose (argent, pouvoir et plaisirs). Pour cela, ils doivent s’évertuer à vivre dans le respect strict de la pureté de la doctrine islamique et s’entourer d’érudits vertueux et désintéressés, comme conseillers sincères qui n’hésiteront pas à attirer leur attention, en toute vérité, notamment sur leurs transgressions ou mutismes en face des méconduites de leurs suiveurs ou des injustices de ceux qui ont la charge de gouverner ;
2. Savent qu’ils sont des acteurs sociaux, qui exercent le travail le plus noble s’ils arrivent à se consacrer totalement et honnêtement au combat pour le perfectionnement des âmes et le rapprochement avec Dieu, par le partage et la mise en œuvre de leur sagesse, pour la paix, la cohésion sociale et la victoire de l’amour, de la vérité, de la justice et de l’équité sur la haine (par méchanceté ou jalousie), le mensonge, l’injustice, l’iniquité et la déification de l’argent, des plaisirs et du pouvoir ;
3.S’évertuent à rester dignes, d’être parmi les meilleurs croyants auprès du Tout-Puissant en utilisant leur savoir au profit des autres et de l’humanité et en veillant particulièrement à faire de leurs disciples des hommes vertueux, véridiques, patriotes, pleins d’honneur, tolérants, modestes, humbles, travailleurs, conscients de leurs devoirs vis-à-vis de toutes les personnes physiques et morales (l’État notamment) mais aussi vis-à-vis de l’environnement et de toutes les utilités communes ;
4.Éduquent leurs disciples à la croyance qu’ils ne peuvent rien sans la volonté de Dieu, afin que chacun d’eux soit conscient de ce que : « lorsqu’il a, à demander quelque chose, qu’il demande à Allah et lorsqu’il a, à implorer assistance, qu’il implore assistance auprès d’Allah. Qu’il sache que si la communauté est d’accord, à l’unanimité, pour lui faire quelque bien, cela ne lui profiterait que dans la mesure où Allah le lui aura assigné, et si elle est d’accord à l’unanimité pour lui causer quelque tort, il n’en pâtirait que dans la mesure où Allah en aurait ainsi décidé à son encontre » ;
5. Savent que Dieu interdit toute obéissance qui engendre une transgression de Ses commandements portés par le Coran ou par les hadiths authentiques confirmés par des écrits des fondateurs des confréries et des familles religieuses musulmanes qui avaient le Prophète comme modèle. Conséquemment, ils donnent à leurs disciples une bonne éducation religieuse leur permettant d’acquérir la « science du bien et du mal », afin qu’ils puissent évaluer la conformité de leurs ordres, appeler respectueusement leur attention sur des violations et ne pas pécher par ignorance ;
6. Savent que l’adoration et la soumission inconditionnelle ne sont dues qu’à Dieu, le Créateur, l’Eternellement Vivant et l’Unique Pourvoyeur et Dispensateur de tous les bienfaits (vie, avoirs, savoirs, santé, pouvoir, honneur, responsabilité etc.), et prennent des mesures idoines pour faire comprendre aux musulmans, qu’ingratitude et hypocrisie ne peuvent être plus grandes que celles du croyant qui, dans ses prières canoniques et surérogatoires, récite la sourate de l’Ouverture (Al Fatiha), « disant à Dieu « C’est Toi Seul que nous adorons, et c’est Toi Seul dont nous implorons secours » et lui demandant de « le guider dans le droit chemin », pour ensuite déifier une de Ses créatures le prenant pour le pourvoyeur des bienfaits dont il bénéficie, et poser sciemment de mauvais actes tels que le mensonge, la tromperie, le vol sous toutes ses formes, l’injustice, l’iniquité, la méchanceté et la jalousie ;
Ils œuvrent donc pour que ce soit très clair dans l’esprit de tous les croyants que c’est Dieu qui est l’Unique Pourvoyeur de tout, et qu’Il est le Seul à qui grâce doit être rendu, les guides religieux, les marabouts et tous les autres n’étant que des intermédiaires qui doivent être remerciés pour leurs prières ou pour leurs actes de générosité ;
7.Procèdent au « désendoctrinement » de leurs disciples afin qu’ils mettent fin au caractère aveugle et excessif de l’amour qu’ils ont pour eux, leur faisant comprendre clairement que l’amour pour Dieu et son Prophète doivent être au-dessus de ceux pour leurs parents et leurs marabouts ;
8. Ne maintiennent pas leurs disciples dans l’ignorance, par rapport aux prescriptions du Coran et des hadiths authentiques, et s’investissent fortement dans leur formation, pour l’éveil de leurs consciences, leur développement spirituel et l’acquisition de la « sagesse totale »5 ;
9. Ne font pas à leurs disciples des promesses trompeuses comme celle du Paradis, car le jugement qui précède la connaissance de la dernière demeure est une œuvre exclusive de Dieu à qui appartiennent le Paradis et l’Enfer, et il n’a délégué à aucun être humain, même pas au Prophète Muhammad (Paix et salut sur lui), le soin de déterminer ceux qui iront en Enfer ou au Paradis. L’histoire d’Azar le père d’Abraham, l’ami de Dieu, de qui se réclament toutes les religions monothéistes et celle de la femme de Lot qui ont été envoyés en Enfer sont suffisamment explicites ;
10. N’usent pas de pouvoirs maléfiques pour obtenir une soumission aveugle de leurs disciples et ne leur font pas croire à des choses qui ne figurent pas dans le Coran ou sont contraires aux enseignements du Prophète Muhammad (PSL), dans le but de les assujettir et de les orienter vers leur propre personne et non vers Dieu ;
11.Participent à l’éducation des jeunes et à la conscientisation des adultes particulièrement des autorités gouvernementales, de commandement et de direction pour la victoire du bien sur le mal dans tous les domaines tels que la gouvernance des affaires publiques et les rapports sociaux ;
12. Respectent rigoureusement, dans leurs relations avec les hommes d’affaires et les serviteurs de l’État, les trois (3) obligations fondamentales suivants : « Ordonner le convenable et interdire le blâmable ou recommander le bien et condamner la mal » ; « Rejeter toute alliance avec les transgresseurs », et « Combattre dans le Sentier de Dieu pour la victoire du bien sur le mal dans tous les domaines » ;
13.Ne s’allient donc pas avec les méchants, les égoïstes, les criminels à col blanc, les hommes d’affaires égoïstes qui cherchent à contourner les lois et règlements pour optimiser leurs profits au détriment du Trésor public, et en général avec tous « ceux qui s’opposent à Allah et à son Messager » en refusant sciemment de respecter les prescriptions divines d’ordre éthique.
Cependant, ils font preuve d’amour, de bonté et de tolérance pour donner des conseils et aider les « ignorants », les « égarés par les passions », les « spirituellement malades »6 et les « faux chefs religieux » à sortir de leur mauvaise voie et à revenir dans le « droit chemin ». Seuls ceux qui s’emmurent irréversiblement dans leurs transgressions sont laissés à leur sort ;
14.S’interdisent d’humilier ou de négliger les disciples indigents qui peuvent avoir auprès de Dieu plus de valeur que les riches talibés, car la valeur intrinsèque d’une personne ne dépend pas de ses avoirs ou de ses habits mais de sa piété et des vertus et qualités dont il est porteur ;
15. Sont des « ennemis farouches des hors la loi » ; des méchants, des jaloux, des injustes, des iniques, des menteurs, des hypocrites et des enrichis illicitement ; de ceux qui sèment la corruption, la discorde, la dépravation, les agressions, la violence gratuite et les troubles sur terre ; des traîtres et de ceux qui, aveuglés par les passions, ne voient que les jouissances de la vie, fussent-ils leurs parents ou fidèles ;
16. Défendent et soutiennent ceux qui appellent à faire le bien, se battent contre eux-mêmes pour se maintenir dans le « droit chemin » et combattent, sans violence, pour la défense et la prévalence de la « Parole de Dieu » ;
17.Ne trahissent pas les enseignements reçus des fondateurs des confréries et des différentes familles religieuses musulmanes qui avaient le Prophète comme modèle, n’étaient pas obnubilés par les biens matériels sous toutes leurs formes et avaient une sainte horreur du mensonge, de l’injustice, de l’iniquité et des innovations blâmables ;
18. Sont incorruptibles, se détournent des attraits de ce bas monde et ne rivalisent pas de richesses personnelles, de belles maisons et de belles voitures avec leurs disciples et leurs proches ; savent identifier et refuser les privilèges ou les largesses des autorités gouvernementales, des autres politiciens ou des hommes d’affaires destiné(e)s à les corrompre, et veillent, dans tous les cas, à ce que rien, ne leur fasse dévier de leur devoir de défendre les plus faibles, la vérité, la justice et l’équité, ou ne leur fasse perdre leur liberté de condamner ou de recommander ;
19. Sont des patriotes défenseurs de la primauté de l’intérêt général du pays sur tous les intérêts particuliers, y compris les leurs propres et ceux de leur confrérie ou famille d’appartenance. Ne participent pas à la captation injuste des ressources publiques qui auraient dû être destinées à la satisfaction des besoins primaires des plus démunis ;
20.Participent au contrôle citoyen des politiques et actions publiques qui impactent la vie des croyants afin que la gouvernance des affaires publiques soit fondée sur l’amour, la vérité, la justice et l’équité, et que dans ce domaine, le bien prenne le dessus sur le mal et que le fossé entre les plus riches (non producteurs de richesses) et les plus pauvres s’amenuise ;
21. Condamnent les autorités gouvernementales notamment : quand elles écartent des projets prioritaires ayant des impacts sur l’amélioration des conditions de vie des populations ou sur le développement économique du pays au profit de réalisations principalement justifiées par des calculs politiciens ou des intérêts personnels d’ordre financier ; quand ils ne respectent pas les engagements qu’ils avaient pris au moment où elles convoitaient le vote des citoyens, sans aucune raison valable, et quand elles font preuve d’injustice en ne respectant pas les principes d’égalité des citoyens devant la loi, d’égal accès aux services publics et de justice entre les citoyens et entre les terroirs ;
22.Condamnent les politiciens qui, pour leur maintien au pouvoir, détournent le pouvoir (Justice, Forces de police) délégué par le « Peuple du Sénégal souverain » à l’Etat, instrumentalisent, manipulent, complotent et s’adonnent à d’autres manœuvres (« peexe ») contraires aux règles et principes de la démocratie et destinés à affaiblir ou à neutraliser leurs adversaires politiques ;
23. Condamnent les politiciens qui, pour la recherche du pouvoir n’hésitent pas à se lancer dans le populisme, la manipulation des masses et d’autres manœuvres malhonnêtes destiné(e)s à tromper les électeurs, pour ensuite ne pas gouverner patriotiquement, une fois arrivés au pouvoir ;
24. N’interviennent pas au profit des sénégalais, impliqués dans des scandales financiers, dans des affaires de mœurs ou dans toute autre affaire ayant porté préjudice à l’État ou à d’autres citoyens, pour les soustraire à l’application de la loi. Ils s’interdisent donc de protéger des délinquants fussent-ils leurs parents, et ne cautionnent pas les tentatives de blanchiment de l’argent sale dans la construction de lieux de culte ou dans d’autres actions au profit des Communautés musulmanes ;
25. Contribuent à la consolidation de la solidarité, de la concertation, de la coopération et de l’entente entre les confréries et les familles religieuses et participent au développement du sentiment patriotique et à la conscientisation des citoyens notamment sur l’énormité du péché contre l’État portant principalement sur une gestion peu vertueuse des ressources appartenant au Peuple ;
Parce queles enrichissements illicites constituent un frein à l’optimisation des moyens d’intervention de l’État, ils font de toutes les populations dont les besoins primaires (fourniture d’eau et d’électricité, aide alimentaire) ne peuvent être satisfaits, des victimes collatérales qui, le « Jour de la Reddition des Comptes », demanderont réparation des préjudices qui leur ont été causés par ceux qui ont égoïstement participé à la spoliation des ressources appartenant au Peuple ;
26.Font preuve de retenue en ce qui concerne la connaissance du futur et évitent de faire des prévisions ou des pronostics dont la non réalisation risque de les discréditer aux yeux de ceux qui sont sous leur autorité spirituelle ;
27.S’abstiennent de donner une consigne de vote pour un candidat à une élection par respect pour le droit de ceux qui sont sous leur autorité spirituelle d’avoir leur propre conviction, pas nécessairement identique à la leur et de pouvoir faire librement leur choix sans aucune contrainte morale ;
28. S’astreignent à un fréquent et périodique examen de conscience consistant à se tourner vers Dieu et évaluer leurs actes, leurs paroles et leurs intentions pour se repentir et devenir meilleurs ou conserver leur sainteté. Ils habituent leurs fidèles à cette pratique en leur faisant comprendre que l’effacement de tout péché contre une personne physique ou morale est subordonné à un repentir sincère comportant une clause de réparation des préjudices causés.
La « transformation systémique » du pays indispensable à l’avènement d’une « Nation souveraine, juste, prospère et ancrée dans des valeurs fortes » commande que les leaders temporels, religieux et coutumiers, qui sont en principe tous des croyants, changent de mentalité, transforment leur cœur et leur esprit ou retournent vers Dieu, car la crise morale qui est handicapante, retardatrice et crisogène est principalement une crise de leadership.
NOTES :
1 : Des preuves de l’existence d’une crise morale au sein de la Communauté chrétienne n’ayant pas pu être documentée, nous nous sommes limité, dans nos réflexions, à la crise morale au sein de la Communauté musulmane contre laquelle le vénéré El Hadji Malick Sy avait produit « Kifaayatu ar-Raa’hibiin », un ouvrage publié 1920 (Voir le livre du Docteur Mouhamadou Mansour Dia sous le titre : « La pensée sociologique d’Elhadji Malick Sy Kifaayatu ar-Raa’hibiin »). L’effectivité de cette crise morale a été confirmée par l’existence de ces faux chefs religieux que le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké a évoqué dans son Traité de Soufisme Traité de soufisme Massàlik al Jinàn. Les Itinéraires du Paradis » (vers 1432 à 1459).
2 : Voir Chapitre V (Proposition pour une sortie de crise), Cinquième partie (V. transformations et ruptures attendues ou les objectifs de la stratégie nationale de sortie de la crise morale), pages 292 et 293 et pages 294 à 296.
3 : Voir la Pièce jointe no2 (Des dérives verbales et des entorses à des prescriptions coraniques au sein de la communauté musulmane), II. (Des entorses à des piliers de l’islam), II.3. (Des vrais chefs spirituels, guides religieux, maîtres spirituels ou leaders religieux), pages 266 à 272.
4 : L’exemple que leur a laissé le Prophète Muhammad (PSL) :
Le Prophète a vécu en acceptant toujours de se priver pour satisfaire les nécessiteux qui se présentaient devant lui. Il a été un exemple parfait de patriotisme nourri par un désintéressement et une acceptation inconditionnelle de l’intérêt général. « Sa maison, son habit, sa nourriture étaient caractérisés par une rare simplicité », comme pour dire que les conditions matérielles de vie ne sont pas déterminantes pour la grandeur d’un homme et pour l’importance de ses réalisations ou de ses accomplissements. ‘D’après Amr Ibn Al Hârith (qu’Allah Soit satisfait de lui), frère de Jouwayriya bint al-Harith, la mère des croyants, a dit : « A sa mort, le Prophète (BDSL) n’a rien laissé : ni dinar ou dirham, ni esclave, homme ou femme. Les seules choses qu’il laissa furent sa mule blanche qui lui servait de monture, ses armes et un morceau de terre qu’il laissa en aumône aux voyageurs ». (Hadith rapporté par Bukhari).
5: Sagesse totale : Synonyme de foi véridique, elle est le produit de l’acquisition de la « science du bien et du mal » et de la ferme volonté de ne jamais faillir à ses obligations et devoirs envers ses prochains, les personnes morales, l’environnement et les utilités communes. Pour un citoyen-croyant, acquérir la « science du bien et du mal » c’est avoir une bonne connaissance des lois et des règlements qui peuvent impacter sa vie en fonction de son statut socioprofessionnel et une suffisante compréhension des prescriptions divines d’ordre éthique non antinomiques avec les valeurs et idéaux de la République, et qui doivent être les principaux éléments qui composent et le vecteur directeur de sa vie.
6: Les « spirituellement malades ». Le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba a écrit aux vers 27 à 31 de son traité de soufisme : « J’ai fait un ouvrage contenant le remède de tout homme dont la passion mondaine a terni le cœur, l’a rendu spirituellement malade Ce livre en vers abonnit l’état de tout débutant et même de celui de l’expérimenté qui n’est pas jaloux. Car un jaloux ne tire jamais profit des avantages d’un contemporain et il ne le suit jamais. La seule chose qui lui ferait plaisir, c’est d’apprendre sa mort subite dans les plus brefs délais. Qu’Allah nous protège du jaloux, de tout ennemi et du négateur sceptique. »
Le 29 août 2026
Colonel de Gendarmerie (er) Tabasky DIOUF
Grand officier de l’Ordre national du Lion et Commandeur de l’Ordre du Mérite
Membre fondateur de l’Initiative Citoyenne « Jog Ngir Senegaal ».


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