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L’IMPORTANCE PRIMORDIALE DES PARENTS

18 octobre 2026 | 0 commentaire

En effet, le Coran accorde une grande importance aux parents comme l’attestent les nombreux versets par lesquels Dieu ordonne aux hommes la gratitude, la bienfaisance, la bienveillance, le respect absolu et l’humilité à leur égard. Cela se justifie simplement parce qu’en choisissant les parents pour qu’ils participent d’une certaine manière à « l’acte de donner la vie aux enfants », Dieu a voulu que ces derniers leur soient éternellement redevables. Ceci est éloquemment exprimé par l’adage wolof qui dit : « Wajur ken monu ko fey » qui peut être traduit par : « Nul ne peut payer ce qu’il doit à ses parents ».

L’Islam place ainsi la bonté envers les parents, surtout dans leur vieillesse, au sommet des priorités humaines, juste après l'adoration divine, comme l’attestent de nombreux versets coraniques et hadiths dont les suivants : S 17 V 23, 24 ; S 31 V 14, 15 ; Hadith 1176 / S.B. 2654 ; Hadith 2008 / S.B. 5973 ; Hadith 2009 / S.B. 5984 ; Hadith 2010 / S.B. 5989 et Hadith 2012 / S.B. 5991 qui sont transcrits à la fin de ce commentaire.

Donc, au moment où le Coran parle du père et de la mère à plusieurs reprises, il n’indique nulle part le marabout, le chef ou guide religieux, la famille religieuse ou la confrérie. Au contraire l’Islam condamne les dérives sectaires au sein de la Communauté musulmane qui naissent de l’égarement des fidèles, de leur mystification, et de leur manque de tolérance et de respect envers les autres induit par une culture du fanatisme. Cet égarement des fidèles justifie de nombreuses dérives verbales qui sont des expressions de la déification de fondateurs ou de leurs héritiers, en totale opposition avec les enseignements de ces véridiques saints bâtisseurs. Malheureusement ces dérives verbales sont insuffisamment condamnées par les leaders religieux pami lesquels, il y a de nombreux « faux chefs religieux », égarés par les passions et que le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba avait déjà évoqués dans « Traité de soufisme Massàlik al Jinàn - Les Itinéraires du Paradis - » (vers 1432 à 1459).

C’est cette passivité ou indulgence face aux dérives verbales nourrit la perpétuation d’une domination par la glorification de marabouts et non de Dieu et amplifie les déifications. C’est ainsi que nous avons entendu un talibé affirmer que « si son marabout lui demandait la tête de son père ou de sa mère, il la lui donnerait ». De tels propos sont manifestement une pure hérésie, un manque de dignité et une traitrise envers les parents que tous les marabouts devaient clairement condamner. Ce sont des propos extrémistes et vils qui ne grandissent ni le marabout « adoré » ni le talibé « égaré » aux yeux des vertueux.

Par ailleurs, Dieu, le Tout-Puissant a dit qu’IL a donné au « lien de parenté » (Rahm) un nom dérivé de Rahman (le Tout Miséricordieux) et qu’« IL gardera une bonne relation avec quiconque garde une bonne relation avec lui et IL rompra avec quiconque rompt avec lui ». Il est dit en outre : « Qui rompt les liens de parenté n’entrera pas au Paradis » et que « Al-Wâsil » (celui qui maintient de bonnes relations avec ses proches), ce « n’est pas celui qui récompense ses proches qui lui rendent service, mais c’est celui qui garde ou qui rétablit de bonnes relations avec ses proches qui avaient rompu avec lui ».

Dès lors, si un talibé ou fidèle rompt ses liens avec ses parents par la faute de son marabout ; alors lui et ce dernier (comme complice voire coauteur) perdront tout lien avec Dieu. Il y aura une circonstance aggravante pour le marabout du fait qu’il a failli à son devoir d’éducation religieuse qui doit avoir comme objectif de former des Hommes dotés de la foi véridique ou de la « sagesse totale » qui est le produit de l’acquisition de la « science du bien et du mal » et de la volonté de « toujours bien se conduire ». Alors que le suiveur (talibé ou fidèle), pourra bénéficier d’une circonstance atténuante, parce que celui qui devait ouvrir son esprit à la connaissance de Dieu, à la connaissance du bien et du mal véritables, notamment en ce qui concerne ses relations avec ses parents, l’a sciemment laissé dans l’ignorance, qui est la mère de tous les vices, pour pouvoir mieux l’exploiter dans la poursuite d’intérêts personnels, familiaux ou confrériques.

Si l’écrasante majorité des sénégalais plaçait le respect et la quête de la bénédiction des parents au cœur de leur vie, notre pays se porterait mieux. La piété filiale est le baromètre de la santé morale spirituelle de notre société : l’enfant qui maudit, maltraite, trahit, déshonore, frappe, humilie ou vole ses parents n’aura aucun scrupule à opprimer son prochain et causer sciemment des dommages aux personnes physiques et morale, à l’environnement et aux utilités communes, car il sera incapable de fonder ses différents rapports sur l’amour, la vérité, la justice et l’équité.

À l’inverse, des citoyens disciplinés, ayant la bénédiction de leurs parents, auront plus facilement la satisfaction du bon Dieu qui les protégera, soutiendra et les inspirera afin qu’ils, soient plus efficaces dans l’exécution des missions qui leurs seront assignées et optimisent leur contribution à la paix, à la stabilité à la sécurité et au développement économique (ou à la prospérité) du pays, condition sine qua non d’un bonheur collectif. C'est là une de nos profondes convictions.

Transcription des versets et hadiths mentionnés dans le texte
« Et ton Seigneur a décrété : “n'adorez que Lui ; et marquez de la bonté envers les père et mère : si l'un d'eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi ; alors ne leur dis point : “Fi !” et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde ; abaisse pour eux l'aile de l'humilité ; et dis : "Ô mon Seigneur, fais-leur ; à tous deux ; miséricorde comme ils m'ont élevé tout petit” ». (S 17 V 23, 24)
« Nous avons commandé à l'homme la bienfaisance envers ses père et mère ; sa mère l'a porté subissant pour lui peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans.” Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu'envers tes parents. Vers Moi est la destination. Et si tous deux te forcent à M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas ; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez” ». (S 31 V 14, 15)
D'après Abou Bakra (Da), le Prophète (PSDL) dit à trois reprises : « Devrais-je vous parler des péchés les plus graves ? » les présents répondirent : « Oui, Ô Messager de Dieu. » Il dit : « Un, associer d'autres dieux à Dieu, deux, être ingrat à l'égard de ses parents. » Puis le Prophète (PSDL) se redressa, alors qu'avant il était appuyé sur un cousin, et dit : « Et trois, je vous mets en garde contre le faux témoignage ». Et il répéta cet avertissement maintes fois au point que nous crûmes qu'il n'allait pas se taire. (Hadith 1176 / S.B. 2654)
D’après Abdallah Ibn’Amr (DA), le messager de Dieu (PSDL) dit : « L’un des plus graves péchés est qu’un homme maudisse ses parents ». On demanda : « Ô Messager de Dieu ! Comment peut-on maudire ses propres parents ? » Le Prophète (PSDL) dit : « Quand quelqu’un insulte un autre en maudissant son père où sa mère, l’autre répondra aussi en maudissant le père et la mère du premier ». (Hadith 2008 / S.B.5973)
Joubayr Ibn Mout’im (Da) rapporte avoir entendu Prophète (PSDL) dire : « AL-Qâti (celui qui rompt les liens de parenté) n’entrera pas au Paradis ». (Hadith 2009 / S.B.5984)
D’après Abou Hourayra (Da), le Prophète (PSDL) dit : « Le mot Rahm (matrice ou la famille) est dérivé de Rahmân, (le Tout Miséricordieux), un des noms de Dieu ; et Dieu dit : « Je garderai une bonne relation avec quiconque garde une bonne relation avec toi, et je romprai avec quiconque rompt avec toi. » (Hadith 2010 / S.B.5989)
D’après Abdallah Ibn’Amr (Da), le Prophète (PSDL) dit : « Al-Wâsil n’est pas celui qui récompense ses proches qui lui rendent service, mais c’est celui qui garde de bonnes relations avec ses proches qui avaient rompu avec lui » ou « celui qui, lorsque ses liens de parenté sont rompus par les siens, les rétablit ». (Hadith 2012 / S.B.5991)

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