L’avènement d’une société vertueuse, qui serait léguée aux générations futures, commandent que, dans leur écrasante majorité, les citoyens-croyants fondent leurs différents rapports sur l’amour, la vérité, la justice et l’équité qui constituent l’essence de la Parole de Dieu, non antinomique avec les lois et règlements de la République. Autrement dit, il importe que sans tarder les croyants agissent pour minimiser les mauvaises œuvres qu’abhorre le Créateur et que commettent ceux qui ont la « foi mensongère » ou sont des « méchants » au sens large du terme. Les méchants sont tous les transgresseurs qui, en ne fondant pas tous leurs rapports sur la Parole de Dieu, causent sciemment des préjudices aux personnes physiques, aux personnes morales (État, Communautés d’appartenance et Organismes employeurs), à l’environnement ou aux utilités communes (infrastructures et autres moyens avec lesquels les personnes morales assument leurs charges au bénéfice des collectivités).
Agir contre le mal ou agir pour minimiser le nombre des méchants est donc une action qui devrait être priorisée par nos gouvernants, en rapport avec toutes les forces vives de la Nation. Dans ce sens un Hadith dit que « Si l’un d’entre vous voit ce qui déplait à Dieu, qu’il le combatte de ses mains ; si cela ne lui est pas possible, que ce soit par la langue, et si cela encore ne lui est pas possible, que ce soit avec son cœur, c’est là le minimum imposé par la foi » et, dans le verset 2 de la sourate 5 du Coran, Dieu a enjoint aux croyants « de s’entraider dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et de ne pas s’entraider dans le péché et la transgression ».C’est aussi pour cela que Dieu, qui veut la victoire du bien sur le mal dans tous les domaines, a ordonné au travers des versets bibliques 7 à 16 du Chapitre 33 du Livre prophétique Ezéchiel1 que les croyants parlent pour « détourner le méchant de sa voie », pour que le méchant change de conduite » ou pour que « le méchant revienne de son péché et pratique la droiture et la justice ».
Pour que les Hommes soient dignes des privilèges qu’Il leur a accordé sur toutes Ses autres créatures (y compris les Anges) en luttant vivement et pacifiquement pour la victoire du bien sur le mal, Dieu leur a fixé trois (3) obligations fondamentales d’ordre éthique dont le respect strict minimiserait les mauvaises œuvres qui seraient commises par les membres résiduels du parti d’Iblis (le diable banni, ennemi déclaré de l’Homme).
Ces trois (3) obligations que le Créateur a assignées aux Hommes, surtout aux leaders étatiques et religieux qui sont les principaux responsables de la santé morale des populations et de leur développement spirituel sont : « Ordonner le convenable et interdire le blâmable » (I.) ; « Rejeter toute alliance avec les transgresseurs » (II.) et « Combattre dans le sentier du Seigneur pour la victoire du bien sur le mal » (III.). D’ailleurs, c’est la claire conscience qu’il avait de ce que Dieu attend des dirigeants que le vénéré El Hadji Omar Tall (rta) avait dit : « Puissent-ils périr les dirigeants qui ne s’emploieraient pas à changer la conduite de leur peuple ».
Ces trois (3) obligations sont, ci-après, exposées, chacune d’elles étant suivie de la transcription de versets coraniques et bibliques ainsi que de hadiths qui l’étayent.
I. OBLIGATION D’ORDONNER LE CONVENABLE ET D’INTERDIRE LE BLȂMABLE.
Le combat pour la victoire du bien sur le mal dans tous les domaines passe principalement par le fait « d’ordonner le convenable et d’interdire le blâmable » dans sa sphère de responsabilité et « de recommander le convenable et de condamner le blâmable » en tout ce qui ne relève pas de vos propres attributions.
Dans une communauté de croyants, les membres doivent « s’interdire les uns aux autres ce qu’ils font de blâmable » et s’enjoindre mutuellement la vérité et l’endurance » dans le « droit chemin ». Face aux nombreuses mauvaises œuvres, l’indifférence ou la passivité des leaders, surtout religieux, à qui Dieu a accordé un pouvoir sur leurs semblables, peut générer « un châtiment général qui n’épargne personne ». Quand l’autorité que vous détenez peut sans aucun doute vous permettre de réussir dans des actes de conscientisation, d’éducation et de développement spirituel, ne rien faire, ne rien dire pour éclairer la conscience des égarés, pour les aider à se remettre sur le « droit chemin » ou pour les libérer de l’emprise de Satan qui a pu les recruter dans « sa cavalerie et son infanterie », est assimilable aux yeux de l’Eternel à une « non-assistance de personnes en danger »2
Ci-après, les versets coraniques et bibliques ainsi que des hadiths qui étayent cette obligation :
1. « Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable et interdit le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront. » (S 3 V 104)
2. « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes ; vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez en Allah. (…). » (S 3 V 110)
3. « Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu’ils faisaient ! » (S 5 V 79)
4. « Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable, accomplissent la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage. » (S 9 V 71)
5. « Ils sont ceux qui se repentent adorent, qui louent, qui parcourent la terre (ou qui jeûnent), qui s’inclinent, qui se prosternent, qui commandent le convenable et interdisent le blâmable et qui observent les lois d’Allah… et fais bonne annonce aux croyants. » (S 9 V 112)
6. « Ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Cependant, l’issue finale de toute chose appartient à Allah. » (S 22 V 41)
7. « ô mon enfant, accomplis la Salat, commande le convenable, interdis le blâmable et endure ce qui t’arrive avec patience. Telle est la résolution à prendre dans toute entreprise ! » (S 31 V 17)
8. «Par le Temps ! L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance. » (S 103 V 1-3)
9. « La meilleure des guerres saintes est une vérité proclamée à la face d’un despote » (Hadith rapporté par Ibno Maja, Ahmed et Nassai)
10. Le Prophète (S.B. sur lui) a dit : « Il n’y a point de société où l’on commet des péchés et où des gens capables de les réprimer se taisent qui ne risque pas de subir un châtiment général qui n’épargne personne. » (Hadith rapporté par Tirmidi)
11. « Paroles du roi Lemuel. Sentences par lesquelles sa mère l’instruisit. (…) Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice et défends le malheureux et l’indigent. » (Proverbes(Pr)31 : 1, 8, 9)
12. « Le monde ne peut vous haïr ; moi, il me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises. (…). Les Juifs s’étonnaient, disant : Comment connaît-il les Ecritures, lui qui n’a point étudié ? Jésus leur répondit : Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui. » (Evangile selon Jean 7 :7, 15-18)
13. « Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a point fait. Vous faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ; nous avons un seul Père, Dieu. Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge. » (Évangile selon Jean (Jn) 8 : 40-44)
II. OBLIGATION DE REJETER TOUTE ALLIANCE AVEC LES TRANSGRESSEURS.
Ce rejet permet au croyant de ne pas être un complice d’un transgresseur et de contribuer à son isolement, en refusant par exemple de partager son « butin » ou d’entrer dans ses magouilles, afin qu’il prenne conscience de ses turpitudes, des péchés qu’il a commis ou du caractère antipatriotique et malveillant de sa conduite, et s’ouvre au repentir sincère.
Les chrétiens, musulmans et animistes qui obstruent le sentier de l’Eternel sont ceux-là qui refusent sciemment, malgré leur « baptême », leur « profession de foi » ou leur initiation, de vivre conformément à toutes les prescriptions divines constitutives du cadre légal de la bonne conduite du croyant. Tous les leaders, qui commettent délibérément des mauvaises œuvres ou sont muets face aux actes blâmables, contribuent à la perpétuation ou à l’amplification de toutes ces pratiques (expressions de la crise morale) réprouvées par Dieu. Ils sont alors du nombre de ceux qui obstruent le Sentier de l’Eternel et qui « auront un châtiment avilissant » à moins qu’ils ne reviennent repentants vers le Seigneur des mondes.
Les versets coraniques et bibliques qui seront transcrits pour étayer cette obligation mettent clairement en exergue le fait que l’Homme qui veut, rester fidèle aux commandements de l’Eternel, imiter les vrais pieux, « vivre sans tache et sans reproche », ne pas se lasser de faire le bien, mener le bon combat pour la prévalence de la parole de l’Eternel, défendre la cause de tous les délaissés, juger en toute justice, défendre le malheureux et l’indigent, ne doit pas tisser des alliances avec les transgresseurs et ne doit, en aucun cas, se joindre à la multitude pour faire le mal.
Ces transgresseurs3 sont notamment les « mécréants », les « vicieux », les menteurs, les crapuleux, les « hypocrites », les « injustes », les « méchants », les « hommes mauvais », les « gens contre lesquels Dieu est courroucé », les « gens égarés par les passions », les « gens qui s’opposent à Allah et à ses Messagers » et les « rebelles au commandement de Dieu » qui causent des dommages principalement aux « muets », aux « délaissés », aux « malheureux » et aux « indigents » évoqués dans lesdits versets coraniques et bibliques, ainsi qu’aux pauvres citoyens, vivant dans des coins reculés du Pays ou dans des bidonvilles, sans eau et sans électricité, certains parmi eux ayant du mal à s’offrir un bon repas par jour, alors que des serviteurs de l’État gaspillent des ressources publiques pour leur bien-être et celui des leurs et que des guides religieux, déjà bien fortunés, captent d’importantes ressources publiques qui auraient dû servir à satisfaire les besoins primaires de ces marginalisés.
Enfin, tout en rejetant toute alliance avec les transgresseurs, le croyant en général et le guide ou éducateur religieux en particulier a le devoir de leur prodiguer des conseils pour les aider à sortir de leur égarement car Dieu « veut que tous les Hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » et se dotent de la volonté de Lui obéir. Cette obligation d’aider les autres à devenir meilleurs n’est en fait qu’une des nombreuses expressions du devoir d’aimer les autres comme soi-même.
Quand l’autorité que vous détenez ; la sagesse que vous avez acquise, et votre incontestable crédibilité, vous permettent de réussir à transformer les cœurs et les esprits de personnes méchantes ou « spirituellement malades », ne rien faire pour les ramener dans le droit chemin ou pour les libérer de l’emprise de Satan qui recrutent ses serviteurs parmi les «faux chefs religieux » et les leaders véreux qui égarent les gens par leur mauvaise conduite, est assimilable aux yeux de l’Eternel à une « non-assistance de personnes en danger », et vous aurez conséquemment des comptes à rendre le Jour du Jugement Dernier (Voir Note no1).
Ci-après, des versets coraniques et bibliques qui soutiennent cette obligation :
1. « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. Allah vous met en garde à l’égard de Lui-même. Et c’est à Allah le retour. » (S 3 V 28)
2. « ô les croyants ! (…). Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition ! » (S 5 V 2)
3. « ô vous qui croyez ! Ne prenez pas pour alliés, vos pères et vos frères s’ils préfèrent la mécréance à la foi. Et quiconque parmi vous les prend pour alliés… ceux-là sont lesinjustes. Dis : “Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers qu’Allah, Son messager et la lutte dans le sentier d’Allah, alors attendez qu’Allah fasse venir Son ordre. Et Allah ne guide pas les gens pervers”. » (S 9 V 23, 24)
4. « ô Prophète, lutte contre les mécréants et les hypocrites, et sois rude avec eux ; l’Enfer sera leur refuge, et quelle mauvaise destination ! » (S 9 V 73)
5. « Et ne vous penchez pas vers les injustes : sinon le Feu vous atteindrait. Vous n’avez pas d’alliés en dehors d’Allah. Et vous ne serez pas secourus. » (S 11 V 113)
6. « Tu n’en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. (…) » (S 58 V 22)
7. « Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés des gens contre lesquels Allah est courroucé et qui désespèrent de l’au-delà, tout comme les mécréants désespèrent des gens des tombeaux. » (S 60 V 13).
8. « Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Eloigne toi de ces hommes-là. (…) Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes. Toi, demeure dans les choses que tu as apprises et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises » (Seconde épitre de PaulàTimothée(2 Ti)3 : 1-5, 13, 14)
9. «N’entre pas dans le sentier des méchants, Et ne marche pas dans la voie des hommes mauvais. Évite-la, n’y passe point ; Détourne-t’en, et passe outre. » (Proverbes 4 :14, 15)
10. « Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. » (Première épitre de Paul aux Corinthiens 5 : 11)
11. « Tu ne répandras point de faux bruit. Tu ne te joindras point au méchant pour faire un faux témoignage. Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal ; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice. (…) ; Tu ne recevras point de présent ; car les présents aveuglent ceux qui ont les yeux ouverts et corrompent les paroles des justes. ».(Exode(Ex)23 : 1, 2, 8)
12. « Ne m’emporte pas avec les méchants et les hommes iniques, Qui parlent de paix à leur prochain et qui ont la malice dans le cœur. Rends-leur selon leurs œuvres et selon la malice de leurs actions, Rends-leur selon l’ouvrage de leurs mains ; Donne-leur le salaire qu’ils méritent. » (Psaume (Ps)28 : 3, 4)
13. « Toi qui hais les avis, Et qui jettes mes paroles derrière toi ! Si tu vois un voleur, tu te plais avec lui, Et ta part est avec les adultères. » (Psaume 50 : 17, 18).
14. «Rien ne les tourmente jusqu’à leur mort, Et leur corps est chargé d’embonpoint ; Ils n’ont aucune part aux souffrances humaines, Ils ne sont point frappés comme le reste des hommes. Aussi l’orgueil leur sert de collier, La violence est le vêtement qui les enveloppe ; L’iniquité sort de leurs entrailles, Les pensées de leur cœur se font jour. Ils raillent, et parlent méchamment d’opprimer ; Ils profèrent des discours hautains, Ils élèvent leur bouche jusqu’aux cieux, Et leur langue se promène sur la terre. Voilà pourquoi son peuple se tourne de leur côté, Il avale l’eau abondamment, Et il dit : Comment Dieu saurait-il, Comment le Très-Haut connaîtrait il ? Ainsi sont les méchants : Toujours heureux, ils accroissent leurs richesses. » (Psaumes (Ps) 73 : 4-12)
15. «Nous vous recommandons, frères, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de vous éloigner de tout frère qui vit dans le désordre, et non selon les instructions que vous avez reçues de nous. (…). Pour vous, frères, ne vous lassez pas de faire le bien. Et si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte. Ne le regardez pas comme un ennemi, mais avertissez-le comme un frère. » (Seconde épitre de Paul aux Thessaloniciens (2 Th) 3 : 6, 13-15)
Ci-dessous des vers extraits du Recueil de poèmes en Sciences Religieuses (Tome 1, pages 129 et 131)de Cheikh Ahmadou Bamba le Serviteur du Prophète (PSL) :
150 Il (le Mukallaf) ne doit pas s’accompagner d’un crapuleux, ou avoir des rapports avec lui, sauf en cas de force majeure manifeste.
151 Car celui qui partage avec eux (les crapuleux) leur bien-être ici-bas, sera associé à leur malheur dans l’au-delà.
152 Evitez donc de fréquenter ces gens, car le fait d’entretenir avec eux des relations est la pire des choses).
III OBLIGATION DE COMBATTREDANS LE SENTIER DE DIEU POUR LA VICTOIRE DU BIEN SUR LE MAL.
Combattre dans le Sentier de Dieu, c’est combattre tout ce qui déplait au Créateur et lutter pacifiquement contre les membres du parti du diable qui commettent délibérément les mauvaises œuvres, afin d’obtenir : que la « Parole de Dieu » qui est amour, vérité, justice et équité imprègne la totalité des intentions, des paroles et des actes des vrais croyants ; que le bien prenne le dessus sur le mal dans tous les domaines, notamment dans la gestion des affaires publiques et dans les rapports entre les Hommes et entre les Nations, ainsi que dans ceux que les Hommes entretiennent avec les personnes morales, l’environnement et les utilités communes ; que le maximum de soldats de Satan soient sortis de leur ignorance ou de leur égarement, et que la montée de l’athéisme, du libertinisme et de l’individu-centrisme soit freinée notamment par l’accroissement des acteurs religieux dotés de la foi véridique et déterminés à œuvrer solidairement, avec courage et dévouement en fondant, leurs opérations d’éveil des consciences sur la Parole de Dieu, notamment sur l’amour qui est dû à tous les « fils de Dieu »4 afin que la paix et la solidarité règnent dans chaque pays et dans le monde.
La Parole de Dieu est un dépôt immatériel confié principalement aux héritiers des Prophètes (Guides religieux actuels). Ces derniers et tous les leaders-croyants qui doivent participer à la « garde de ce dépôt » ne doivent pas avoir honte d’en témoigner, de mettre au grand jour la vie instructive des prophètes, de leurs compagnons et des saints fondateurs de l’église sénégalaise, des confréries et des familles religieuses, tout en acceptant de souffrir pour l’expansion des vérités bibliques et coraniques et pour le respect par les croyants des doctrines islamiques et chrétiennes dans toute leur pureté, étant entendu que c’est l’acquisition de la foi véridique par l’écrasante majorité des croyants qui est le moyen le plus efficace de défendre les religions, de rendre la société sénégalaise vertueuse et de permettre l’avènement d’un environnement propice à la transformation systémique du pays.
Une bonne défense des religions requiert notamment une identification des vulnérabilités endogènes, des pratiques des croyants qui décrédibilisent et affaiblissent leurs religions. Trop de croyants n’acceptent pas de se battre contre eux-mêmes pour se doter d’une foi véridique. Dans notre société où la considération accordée aux personnes dépend trop souvent de leurs richesses matérielles, trop de croyants ont déifié l’argent, les plaisirs et le pouvoir politique ou religieux qui facilite l’acquisition du premier et la jouissance des seconds. Ils commettent conséquemment de nombreuses infractions à la Loi Eternelle pour nourrir leurs passions. Ces nombreuses mauvaises manières d’être et de faire des croyants suscitent des critiques négatives contre les religions alors que celles-ci ne sont en rien responsables de ces dérives qui sont des expressions d’entorses à la Parole de Dieu qui guident la conduite des véridiques.
Si tous les leaders-croyants assumaient leurs responsabilités et avaient une bonne conduite (exemplaire), alors les jeunes sénégalais et les adultes sous leur autorité pourraient acquérir la « sagesse totale » ou la foi véridique qui ferait d’eux des bons citoyens qui ne commettraient plus sciemment des actes pouvant causer des dommages à une personne physique, à une personne morale, à l’environnement et aux utilités communes.
Ci-après, des versets coraniques et bibliques qui confirment cette obligation :
1. « La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’accomplir la Salat et d’acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux ! » (S 2 V 177)
2. « C’est le Diable qui vous fait peur de ses adhérents. N’ayez donc pas peur d’eux. Mais ayez peur de Moi, si vous êtes croyants. » (S3 V 175)
3. « ô les croyants ! Soyez endurants. Incitez-vous à l’endurance. Luttez constamment contre l’ennemi et craignez Allah, afin que vous réussissiez !» (S 3 V 200)
4. « Les croyants combattent dans le sentier d’Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Tagut. Eh bien, combattez les alliés du Diable, car la ruse du Diable est certes, faible. » (S 4 V 76)
5. « ô les croyants ! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. Peut-être serez-vous de ceux qui réussissent ! » (S 5 V 35)
6. « ô Prophète, lutte contre les mécréants et les hypocrites, et sois rude avec eux ; l’Enfer sera leur refuge, et quelle mauvaise destination ! » (S 9 V 73)
7. « Que de cités, donc, avons-Nous fait périr, parce qu’elles commettaient des tyrannies. Elles sont réduites à des toits écroulés : Que de puits désertés ! Que de palais édifiés (et désertés aussi) ! » (S 22 V 45)
8. « Et luttez pour Allah avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a élus ; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés “Musulmans” avant (ce Livre) et dans ce (Livre), afin que le Messager soit témoin contre vous, et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les gens. Accomplissez donc la Salat, acquittez la Zakat et attachez-vous fortement à Allah. C’est Lui votre Maître. Et quel Excellent Maître ! Et quel Excellent soutien ! » (S 22 V 78)
9. « Allah aime ceux qui combattent dans Son chemin en rangs serrés pareils à un édifice renforcé. » (S 61 V 4)
10. Abou Sa’id El Khodri (Horeîra?) (Que Dieu soit satisfait de lui), a dit qu’il a entendu l’Envoyé de Dieu (à lui bénédiction et salut) dire : « Si l’un d’entre vous voit ce qui déplait à Dieu, qu’il le combatte de ses mains ; si cela ne lui est pas possible, que ce soit par la langue, et si cela encore ne lui est pas possible, que ce soit avec son cœur, c’est là le minimum impose par la foi ». (Hadith 34 / S.B. 36)
11. « Celui qui combat pour faire triompher la parole de Dieu, celui-là œuvre pour la cause de Dieu » (Hadith 103 / S.B. 123)
12. « David dit à Salomon, son fils : Fortifie-toi, prends courage et agis ; ne crains point, et ne t’effraie point. Car l’Eternel Dieu, mon Dieu, sera avec toi ; Il ne te délaissera point, Il ne t’abandonnera point, jusqu’à ce que tout l’ouvrage pour le service de la maison de l’Eternel soit achevé » (1 Chroniques(1 Ch) 28 : 20)
13. « Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. » (1 Corinthiens 16 : 13)
14. « Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. » (Épître de Paul aux Éphésiens (Ep) 6 : 10, 11)
15. « Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur. Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins. » (Première épitre de Paul à Timothée 6 : 11, 12)
16. « Le commandement que je t’adresse, Timothée, mon enfant, selon les prophéties faites précédemment à ton sujet, c’est que, d’après elles, tu combattes le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience. Cette conscience, quelques-uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi. » (Première épitre de Paul à Timothée 1 : 18, 19)
17. « C’est pourquoi je t’exhorte à ranimer le don de Dieu que tu as reçu par l’imposition de mes mains. Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier. Mais souffre avec moi pour l’Évangile, (…). C’est pour cet Évangile que j’ai été établi prédicateur et apôtre, chargé d’instruire les païens. (…). Retiens dans la foi et dans la charité qui est en Jésus Christ le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi. Garde le bon dépôt, par le Saint Esprit qui habite en nous. » (Seconde épître de PaulàTimothée(2 Ti)1 : 6-14)
18. « Car pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. » (Seconde épitre de Paul à Timothée 4 : 6, 7).
Pour conclure, nous réaffirmons avec force, qu’un pays se construit sur des valeurs et sur le patriotisme de ses citoyens, et que pour réussir « la transformation systémique du pays », il faut impérativement réussir la transformation des cœurs et des esprits, dans le sens du changement de la conduite du Peuple sénégalais et la construction du « sénégalais nouveau ». AGIR, en se dotant d’une « Stratégie nationale de sortie de la crise morale ou de la crise des valeurs » est un impératif si les gouvernants veulent optimiser la vitesse d’édification d’une « Nation souveraine, juste, prospère et ancrée dans des valeurs fortes » ou s’ils veulent que les principes de « Jub, Jubaal, Jubanti » soit effectivement incarnés par les serviteurs de l’État.
NOTES :
1 : Versets 7 à 16 du Chapitre 33 du Livre prophétique Ezéchiel :«Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle (…). Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part. Quand je dis au méchant : Méchant, tu mourras ! si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa voie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang. Mais si tu avertis le méchant pour le détourner de sa voie, et qu’il ne s’en détourne pas, il mourra dans son iniquité, et toi tu sauveras ton âme. (…) Dis-leur : je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Eternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie ; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? Et toi, fils de l’homme, dis aux enfants de ton peuple : La justice du juste ne le sauvera pas au jour de sa transgression ; et le méchant ne tombera pas par sa méchanceté le jour où il s’en détournera, de même que le juste ne pourra pas vivre par sa justice au jour de sa transgression. Lorsque je dis au juste qu’il vivra, – s’il se confie dans sa justice et commet l’iniquité, toute sa justice sera oubliée, et il mourra à cause de l’iniquité qu’il a commise. Lorsque je dis au méchant : Tu mourras ! – s’il revient de son péché et pratique la droiture et la justice, s’il rend le gage, s’il restitue ce qu’il a ravi, s’il suit les préceptes qui donnent la vie, sans commettre l’iniquité, il vivra, il ne mourra pas. Tous les péchés qu’il a commis seront oubliés ; s’il pratique la droiture et la justice, il vivra » ;
2 : Voir Note no1.Celui qui ne fait rien (alors qu’il le peut) pour assister le méchant et l’aider à changer de conduite assume une part de responsabilité dans les péchés qu’il va commettre.
3 : De manière plus détaillée, ces transgresseurs sont notamment ceux qui : utilisent à mauvais escient le pouvoir qui leur est délégué, pour protéger leurs parents, alliés et amis, auteurs de crimes économiques ; ne respectent pas leurs engagements ou sont adeptes du « wax waxeet », des tromperies, des mensonges, des injustices et des iniquités ; s’enrichissent illicitement ou abusivement au détriment de leur peuple ou rejettent la primauté de l’intérêt général sur tous les intérêts particuliers nationaux ou étrangers ; sont impliqués dans la corruption et les accaparements des ressources financières, foncières, mobilières et immobilières du pays par divers moyens malhonnêtes ; utilisent des fonds de « caisses noires » excessivement dotées au regard du niveau de pauvreté du pays pour leur enrichissement personnel et le fonctionnement de partis politiques ; sont complices des criminels à col blanc ou de gouvernants qui gaspillent les ressources du pays pour les amadouer en vue de leurs intérêts personnels d’ordre politique au détriment des vraies priorités du peuple sénégalais, au détriment des sénégalais les plus démunis ; sont complices des hommes d’affaires antipatriotes qui cherchent à contourner les lois et règlements pour ne pas payer à l’État ce qui lui revient ; détruisent des vies et des carrières et brisent des unions par méchanceté, jalousie et envie au travers d’actes maléfiques (maraboutages, sorcellerie, services des féticheurs) ; mettent des entraves au respect de l’égalité devant la loi de tous les citoyens, à l’égal accès des citoyens devant les prestations des services publics » ; sont « spirituellement malades » et sont porteurs d’un ou plusieurs des vices qui ont corrompu les rapports sociaux ; « jettent les paroles de l’Eternel derrière eux », « haïssent les appels à la droiture », se plaisent avec les vicieux, et veulent s’enrichir à tout prix ou sont amoureux de l’argent.
4 : « fils de Dieu » : au sens de « Toutes Ses créatures humaines »
Le 14 août 2026
Colonel de Gendarmerie (er) Tabasky DIOUF
Grand officier de l’Ordre national du Lion et Commandeur de l’Ordre du Mérite
Membre fondateur de l’Initiative Citoyenne « Jog Ngir Senegaal ».


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